Artists Gallery Calendar News Art Fairs Publications Contact

Selected works of the exhibition
Press Release (English)
Press Release (French)
Print press release
Print images...




Jessica Stockholder

Paper Works in Kathmandu
June 19 - July 24, 2021
Cloître St Merri II, Paris










La Galerie Nathalie Obadia est heureuse de présenter l’œuvre de l’artiste américaine Jessica Stockholder, qui bénéficie en ce moment d’une riche actualité au Centre Pompidou : l’artiste participe en effet à l’exposition Elles font l’abstraction et présente à cette occasion une grande installation dans le forum du musée. Elle est également commissaire de Jessica Stockholder: Cut a rug a round square à l’OGR – Officine Grandi Riparazioni de Turin.
L’exposition à la galerie, la septième de l’artiste, révèle un ensemble d’œuvres en papier, « bas reliefs » réalisés dans une pure tradition artisanale lors d’une résidence artistique en 2019 au Népal.

Invitée par la société de production artistique Kathmandu Projects, Jessica Stockholder a passé plusieurs semaines dans la capitale népalaise à se familiariser avec la technique de fabrication de papier Lokta, au sein d’un atelier situé sur une colline surplombant le centre-ville. Ce papier est produit à partir de l’écorce fibreuse du lokta, un type de plante locale à feuilles persistantes également connue sous le nom de Daphne.
A la fois résidence artistique et retraite culturelle, cette expérience a donné lieu à la création d’œuvres murales qui en constituent les témoins matériels, pénétrés de l’atmosphère de cette ville et des impressions toutes personnelles de l’artiste.

« C’était une expérience de travail merveilleuse et sans pareille. La pâte à papier était mélangée dans de grandes cuves enfouies dans le sol, puis mise à sécher sur des écrans répartis sur la colline ensoleillée. J’ai pu expérimenter le mélange de la pâte à papier avec de la couleur et une variété de matériaux trouvés dans la ville. Chaque œuvre s’est développée à partir du lieu, en réponse aux personnes avec lesquelles j’ai eu la chance de travailler, parallèlement à mes observations de Katmandou, et inspirée par les significations inscrites dans les matériaux que j’ai trouvés. Ces œuvres ont pris forme entre le sol en pente sur lequel je me trouvais et le visage vibrant de la culture qui m’entourait. »

Dans ces œuvres murales à la plasticité proche du bas-relief, le papier n’est plus un support mais une pâte qui sert de colle, de liant, et fige en son sein toute une variété d’objets de récupération, de tissus, d’ingrédients, de rebuts d’une vie citadine très dense, trouvés dans les rues et sur les marchés de la ville : enchevêtrement de fils de téléphone et câbles usagés saturant le paysage urbain de Katmandou, bouts de tissus de sari, feuilles de bananier, cordes d’alpinisme... Leur répartition dans la matière, accordée aux teintures réalisées par l’artiste, forme des compositions abstraites et joyeusement anarchiques, accordant une large place à la texture et à la couleur.

Bien qu’extrêmement « situé » et inédit, ce travail s’inscrit sans difficulté dans la pratique de Jessica Stockholder, considérée dès les années 1980 comme une des pionnières de l’art contemporain à produire des installations singulières, entre accumulation et chaos. Fruits d’un travail de recyclage et de récupération, ses œuvres brouillent les frontières entre peinture et sculpture, réalité et abstraction, tout en incarnant avec délicatesse, à travers le règne des objets, la poésie du quotidien.