Artists Gallery Calendar News Art Fairs Publications Contact

Selected works of the exhibition
Press Release (English)
Press Release (French)
Print press release
Print images...




Jorge Queiroz

Blink
April 24 - June 6, 2021
Cloître Saint-Merri, Paris










La Galerie Nathalie Obadia est heureuse de consacrer une septième exposition au peintre et dessinateur portugais Jorge Queiroz, dont l’œuvre sera présentée en septembre prochain au Musée Calouste Gulbenkian à Lisbonne, aux côtés de celle d’Arshile Gorky.


Né en 1966 à Lisbonne, Jorge Queiroz poursuit depuis les années 1990 une exploration graphique et picturale à travers des compositions happantes, où la figuration flirte avec l’abstraction. Véritables plongées dans un univers onirique, ses oeuvres s’inscrivent dans une veine surréaliste et symboliste et témoignent aussi de l’influence des grandes écoles du XXème siècle, comme le néo-expressionnisme allemand et le paysage mystique contemporain. L’exposition présente un ensemble de toiles récentes, soulignant la maturité de ses recherches.


Des méandres d’une peinture dense, généreuse et frémissante, musicale, découlent des plages de couleur et de nuances, des régions abstraites au relief prononcé, des ébauches de scènes ponctuées de vagues silhouettes humaines, qui approfondissent et élargissent le champ pictural. Les univers s’entremêlent et les narrations possibles affluent dans ces vastes espaces aux allures de paysages quasi cosmiques.


La peinture de Jorge Queiroz joue sur les densités et les respirations et s’épanouit aussi bien dans la plénitude de la couleur que dans un geste sinueux et une touche luxuriante qui rappelle cette « richesse nécessaire », cet art de l’ornementation propres à Gustave Moreau. Ces vibrations colorées confèrent d’ailleurs au travail de Jorge Queiroz un chatoiement enchanteur, qui peut également évoquer les lueurs étincelantes des visions nocturnes de Peter Doig.


Jorge Queiroz, qui admet « répondre à des prémonitions » ou « faire écho à un appel », partage avec les représentants de la peinture de paysage contemporaine, Georgia O’Keeffe, David Hockney, Per Kirkeby, une même propension à la vision extatique, à la spiritualité. Sous ses brosses et ses pinceaux, la peinture apparait comme une sève, une énergie vitale en pleine expansion, dont le mouvement, l’évolution esquisse des mondes furtifs. Cet ondoiement est sous-tendu par de multiples couches de couleurs qui semblent surgir des profondeurs, offrant une épaisseur propice à une totale immersion dans l’oeuvre. Comme chez Per Kirkeby, la matière picturale peut apparaître ainsi stratifiée, et il n’est pas rare que la composition évoque par endroits une sédimentation minérale, une topographie aux teintes fantasmées. De même que les quatre éléments semblent toujours suggérés, il y a quelque chose de l’infiniment petit à l’infiniment grand qui se joue dans ces toiles.


Aussi l’artiste a l’originalité d’allier abstraction et figuration : son travail ne cherche pas à représenter un relief, un élément du paysage, mais l’incarne, tandis que certains phénomènes picturaux marquent les balbutiements d’une figuration immanente, prenant la forme de mirages, d’apparitions lointaines. La paréidolie est au coeur de ce travail qui incite à créer du lien et à deviner, dans ces stimulations visuelles, des éléments reconnaissables, identifiables : une mer, une falaise, une prairie, un ciel tourmenté, un cratère, un individu solitaire.


Car l’enjeu, pour Jorge Queiroz, est de trouver un équilibre entre forme et chaos, et l’on peut aisément appliquer à son travail les deux polarités que sont le dionysiaque et l’apollinien. Une peinture expressive, fougueuse, erratique, contrebalancée par une forme de sérénité issue du dessin, des masses, et de la figure humaine.


L’éloquence de cette peinture manifeste un véritable plaisir communicatif et brasse tout un imaginaire lié à notre environnement naturel et supranaturel. Profondément panthéiste, cette oeuvre invite à un voyage par- delà les frontières : « I will say it is a mind romance journey, through the relationships from ideas and ideas of figures and a sea of images, on the road trip colors melting on the sun and rain in overstimulate landscapes. »