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Laure Prouvost

Reaching hi her grounds from the rub he she we grow
April 8 - May 29, 2021
Charles Decoster, Brussels










La Galerie Nathalie Obadia est très heureuse de présenter REACHING HI HER GROUNDS FROM THE RUB HE SHE WE GROW la première exposition de l’artiste Laure Prouvost à Bruxelles où elle vient de s’installer. Lauréate du Turner Prize en 2013, l’artiste a représenté la France à la 58ème Biennale de Venise (2019) avec le pavillon DEEP SEE BLUE SURROUNDING YOU / VOIS CE BLEU PROFOND TE FONDRE, qui bénéficie en ce moment d’une itinérance au LAM, après les Abattoirs en 2020. Laure Prouvost a également participé, l’an dernier, à la 22ème Biennale de Sydney.


Artiste aux multiples facettes, Laure Prouvost construit une oeuvre qui échappe à toute convention et répond à une inclination fantasque et poétique. Toute forme d’autorité y est détournée dans un univers sensible et poreux, décalé et onirique, qu’elle orchestre avec malice. A travers des vidéos, peintures, dessins, tapisseries, sculptures en verre, céramiques, performances, Laure Prouvost crée de véritables environnements immersifs, terreaux de mythologies personnelles et de récits semi-fictifs. L’artiste oriente ici son travail plastique autour du printemps et du renouveau de la nature, ode à la vie chargée d’espoir et d’optimisme, en harmonie avec la saison et en résonnance avec l’actualité.


La nature a toujours occupé une place prépondérante dans l’œuvre de l’artiste. Invitée du Palais de Tokyo en 2018, Laure Prouvost transforme l’architecture industrielle du lieu en un jardin abandonné, aux allures post-apocalyptiques. Ici, chaque étage de la galerie représente un état de la nature, dans son processus d’épanouissement. L’abondance anarchique du végétal, la prolifération organique sont constitutives de son travail qui se déploie toujours au-delà des cimaises, accueillant généreusement toute forme de vie dans un ailleurs mi utopique mi dystopique. La féminité, à travers ses attributs les plus sensuels, irrigue par ailleurs l’œuvre de Laure Prouvost depuis de nombreuses années : seins et fesses ou ventres de grossesse incarnent une vie féconde et nourricière, en même temps qu’ils marquent un clin d’œil léger et approbateur aux mouvements d’émancipation des femmes. Celle-ci prend tout son sens dans cette évocation d’une nature bourgeonnante, en plein essor. Qu’il prenne la forme d’une silhouette voluptueuse ou d’une flore débordante, le désir est au cœur de ce travail.


D’ailleurs, le prisme artistique de Laure Prouvost est avant tout intuitif et sensuel et sollicite en retour une disponibilité physique et émotionnelle ; il s’agit « de complexifier notre réalité, de lui donner plus de sensations (...) cela a toujours pour but de nous connecter davantage à ce qu’on vit, pour expérimenter d’autres points de vue et d’autres situations. » Les stimulations sont à la fois sonores, visuelles et tactiles, à l’image des multiples mediums et matériaux qu’elle s’approprie selon un plaisir ludique non dissimulé : verre, papier, toile, textile, liquide, métal, vidéo... En véritable pétrisseuse d’images, de matières, d’expressions linguistiques et de savoir-faire artisanaux, l’artiste ne cesse d’étendre et ramifier son monde, avec un charme désopilant.


Aussi retrouve-t-on, dans ce parcours ponctué de plantes grimpantes, une grande tapisserie produite selon la tradition flamande, pratique phare de l’artiste depuis 2014, un ensemble de « mirror paintings » florales où chaque peinture n’est visible que par le truchement d’une glace, un large chandelier produit en collaboration avec le maître verrier vénitien Berengo, auquel l’artiste donne un aspect de vestige sous-marin (souvenir de Venise immergée ?, tout droit extrait du Canal de Bruxelles ?), des peintures ressuscitant la figure mythique de « Grandma », des « Resin Reliques » qui figent dans la matière plastifiée toutes sortes d’objets vernaculaires, devenant les témoins archéologiques d’une consommation massive, ou encore des nids d’oiseaux, symboles de l’éveil à la vie qui font leur première apparition dans le corpus de l’artiste. Occupant tout le rez-de-chaussée de la galerie, anciennement un garage, une voiture dans laquelle le visiteur est invité à s’installer diffuse par ailleurs une projection sonore réalisée en collaboration avec Paul Buck et Louis Shungu et s’inscrivant dans l’esprit des installations filmiques de l’artiste : scripts incongrus, associations déroutantes et chuchotements suggestifs instaurent un climat surréaliste duquel la mise en scène environnante semble participer.