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Rina Banerjee

Irresistible Earth
October 28 - December 19, 2020
Charles Decoster, Brussels










La Galerie Nathalie Obadia à Bruxelles est heureuse de présenter la nouvelle exposition de Rina Banerjee, Irresistible Earth, an uncontrollable and unconditional love is bestowed to us upon birth while ours is love for her, Nature that grows like ripening fruit both fermented and fresh drives our ambition to expand and all the while a universe seemingly cooling and heating like sour tongue airing, widening, making our earth to move away from sun, its migrating destiny unknown, drifting outward to echo voiceless Nature, a wisdom for you and I to draw out like tight curled tongue. Why is hers, her nature and our nature too so coupled but loose, coiled and tangled with tails, horns and Unclipped nails, messy and monstrous parts these her humans drizzles fortune and violence untasted into time. Why would you not open your mouth and allow your scent to swell over, your senses to identify this tooled mind, to let see right from wrong? Earth, a watery cradle held me newborn, allowed me to play with Nature, like school friends, will she now not protect me from your other creations as you would Love or a sunny day from grey.

En 2000, Rina Banerjee acquiert une visibilité mondiale avec son installation Infectious Migrations à la Biennale du Whitney Museum of American Art à New York. Depuis, le travail de Banerjee a été inclus dans quatorze biennales d’art dont la 57ème Biennale de Venise, Viva Arte Viva en 2017. Son oeuvre fait actuellement l'objet d'une rétrospective itinérante dans cinq musées américains et bénéficie ainsi d'une véritable reconnaissance institutionnelle aux Etats- Unis. L'exposition Make Me a Summary of the World a commencé à la Pennsylvania Academy of Fine Art à Philadelphie et en est actuellement à sa quatrième étape, au First Art Museum, à Nashville, Tennessee. Cette rétrospective a été acclamée par la critique et largement couverte par la presse américaine.

L’artiste d’origine indienne, installée à New York depuis 50 ans (elle y habite depuis l’âge de sept ans), décrit son œuvre ainsi : « Je crée des objets à partir des propriétés sensuelles des matériaux...pour attirer le spectateur. Assemblés de manière déroutante, souvent surréaliste, ces éléments créent un espace psychologiquement dense. Le spectateur est à la fois séduit par cet objet exotique et perplexe quant au sens qui en émane ».1

Nourrie d'une formation scientifique et d'un bagage éducatif sur l’identité diasporique et les politiques de migration, l’œuvre artistique de Rina Banerjee doit être comprise dans le contexte de l’identité migratoire, à travers le prisme du genre et de la race, de la monétisation de la beauté et de la spiritualité, des enjeux liés au commerce et à l’environnement, de la nature et de l’orientalisme poussés à leur paroxysme, qui marquent la culture contemporaine en tant que fruits du colonialisme. Evoqué à travers des textes poétiques, le florilège de sujets issus de l’imaginaire de l’artiste se déploie dans des peintures éthérées ou des sculptures protéiformes rassemblant une multitude d’objets aux origines et matériaux les plus variés. Rina Banerjee tisse ainsi la toile d’une symbiose culturelle sans bornes qui n’a de cesse d’évoluer au rythme effréné de notre monde contemporain.

Marqués par le thème de la biodiversité, les treize sculptures et dessins présentés dans l’exposition Irresistible Earth témoignent d’un monde en perpétuel changement dont Rina Banerjee dévoile les enjeux par un travail à la fois chimérique et fantasque, mettant en valeur la divinité de la nature et le rôle du féminin. Ses personnages, figures parfois grotesques et fantasmagoriques faisant référence à des mythes venus d'Inde et du monde entier, évoquent divers enjeux actuels : impacts du réchauffement climatique, problèmes liés à l’immigration, question de l'identité. L'artiste aborde aussi notre rapport à la terre et à l’humanité via les thèmes de la mobilité et de la technologie. Elle souligne la nécessité de créer une société au sein de laquelle l’ethnicité n’est plus un obstacle socio-politique et où l’égalité interculturelle règne.

Les sculptures de Rina Banerjee, aux couleurs délicates et recherchées, sont immédiatement reconnaissables : elles sont réalisées à partir d'objets dénichés dans des bazars ou chez des antiquaires new-yorkais, dans des marchés aux puces à Venise ou à Paris, sur Internet, mais également de matériaux textiles d’Indonésie ou de Corée, de perles d’Afghanistan, de squelettes d’animaux, de coquillages des Philippines, de piquants de porc-épic d’Afrique, de plumes du Canada, de peaux, dentelles, mailles d’acier, cordes et toiles de jute maritimes, de graphite, laiton et cuivre, minéraux, charbon, bois ou huiles... Chaque matériau a sa propre histoire et convoque une culture différente. Ainsi construites, ses sculptures échappent à toute vision simpliste du monde : « La polysémie des sculptures- assemblages orientalisées de Banerjee engendre des associations multidirectionnelles, et leur sensualité a pour but de stimuler le désir et d’enchanter le spectateur ».2

Chère à Rina Banerjee, la notion d'égalité des sexes s'incarne par ailleurs dans la sculpture murale Fastened to two walking sticks and lopsided imagined she in a world without opponents, unburdened by squabble and masonary bricks, she a prop propped up man from man not capable of understanding the parts that ripped and torn like partition, camps, detention pockets and passport tangles bottled black glory and tangerine blossom. L’association d'objets génère une forme féminine, avec une tête ethnique antique en cuivre et un corps fait de liserons noirs, de plumes de faisans, de dentelle en argent et en laiton, de filets de plastique, et de bois de cerf. En filigrane, l'artiste pointe un retard de la société à l'égard des femmes, cantonnées trop longtemps à la vie domestique.

Cette exposition présente également des œuvres sur papier de Rina Banerjee, dont la composition est inspirée de la miniature indienne et des arts asiatiques : motifs colorés et personnages à l'allure monstrueuse s’entrelacent et flottent dans un univers étrange et onirique. Contrairement à ses sculptures, où la silhouette se devine à travers un ensemble d’ornements, les dessins mettent clairement en exergue le corps. Les distinctions entre masculin et féminin, humain et divin s’estompent, créant ainsi une représentation de la population fidèle à la vision de l'artiste. L'encre permet des contours précis contrastant avec une composition aérienne, où les motifs décoratifs fleurissent.

La créature mythique figurant dans le dessin Pulled from the heavens, sky unpolluted she slipped as if on banana peel and split two folds, each a future on hold personnifie la crainte d'une transformation et d'un changement, pourtant nécessaires face aux urgences climatiques de la planète.

À visée introspective, ses titres font partie intégrante de son travail allégorique et offrent des clés d'interprétation. Souvent d'une longueur atypique et à consonance poétique, ils font allusion à des contes de fées indiens et occidentaux. Par ailleurs, Rina Banerjee joue consciemment avec les ressorts de la langue anglaise, prédominante dans notre société globalisée.

En somme, le travail de l'artiste se situe à cheval entre fantasmagorie, cultures diverses et questionnements sur la construction de notre société, son histoire longtemps dominée par la pensée occidentale, le capitalisme et ses dérives, et les valeurs égalitaires qu'elle défend : un foisonnement intellectuel à l'origine d'une richesse plastique hors du commun.

1. 1997 : catalogue A.I.M. (Artists in the Market Place), Bronx Museum, commissaire d"exposition: Marisol Nieves and Lydia Yee, Bronx, New York.
2. A. Ring Petersen, Migration into art. Transcultural identities and art-making in a globalized world, 2017, p. 128.